Pour ceux qui n’auraient pas eu l’occasion de voir mes livres, voici l’adresse:

http://www.manuscritdepot.com/a.andre-lefebvre.6.htm

Bonne lecture!

Amicalement

André Lefebbvre

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L’esprit esclavagiste de notre système social!!!

L’esprit esclavagiste de notre système social.

 

 André Lefebvre

        Dans les années soixante on m’affirmait que très bientôt notre société serait une « Société de loisirs »; et que ce résultat était inévitable.

      Les résultats réels qui émergent sont que, pendant toutes ces années jusqu’à aujourd’hui, en 2011 :

1)      Le travail prend de plus en plus d’importance dans la vie de chacun

2)      Plusieurs sacrifient des aspects importants de leur vie personnelle pour leur carrière

3)      Les horaires de travail sont instables; donc il faut être toujours « disponible »

4)      Les heures de travail, pour les professionnels, sont de plus de 50hres/sem.

5)      Ceux qui travaillent à contrat subissent des sous-estimations de temps alloués, et doivent  faire du supplémentaire pour livrer dans les délais demandés.

6)      On apporte du travail à la maison de plus en plus, suite à l’avancement de la technologie électronique : ordinateurs portables, téléphones intelligents etc. Ce qui résulte en disponibilité de l’individu à 24hres/jour, 7 jours/sem.

7)      La plupart des heures supplémentaires « non payées » ont doublé au cours de ces années.

      Force nous est de constater que loin d’acquérir une « Société de loisirs », nous avons obtenus tout à fait le contraire.

Que s’est-il donc passé?

      Je me rappelle, qu’à l’époque, ce qui nous indiquait une future société de loisirs étaient la performance, de plus en plus importante, de « l’automation industrielle ».

 L’automation industrielle est le recours à «une technique qui assure le fonctionnement d’une machine ou d’un groupe de machine sans intervention humaine». En d’autres termes, l’automation consiste à «substituer» une machine à l’homme.

    Le principe était déjà connu et employé depuis le début du 19e siècle, avec l’avènement de la « mécanisation ». C’est cette « mécanisation » qui a développé et généralisé socialement, la « classe ouvrière » que Karl Marx appelle le prolétariat. Normalement, l’automation industrielle doit faire disparaître une partie de cette classe ouvrière, puisqu’elle remplace graduellement le travailleur.

    Dans les années soixante, nous étions alors convaincus que l’homme serait éventuellement remplacé par les machines. Et nous n’avions pas tort puisqu’effectivement l’automation industrielle remplace l’homme à plusieurs niveaux du travail.

   Une seule petite erreur s’est, cependant, glissée dans l’engrenage social ; l’automation, au lieu de transformer la classe ouvrière en classe libérée du travail, convertit la classe ouvrière en classe de chômeurs. Le chômage est, également, un sous-produit de la mécanisation. Il est, lui aussi, amplifié par l’automation industrielle.

    Au fur et à mesure du développement de l’automation industrielle, il est de moins en moins possible au travailleur, qui n’est pas « spécialisé », de trouver du travail. Pour faire face à cette nouvelle exigence de l’automation industrielle, nos gouvernements axent  alors l’apprentissage de notre jeunesse sur la « spécialisation » qu’ils cachent sous l’appellation de « compétence ».

    Notre système d’enseignement, que l’on appelle à tort : système d’éducation,  abandonne alors la notion de « connaissance » pour celle de « compétence ». Le changement ne promet que du « positif » puisque la « compétence » est indiscutablement un accroissement de « connaissance » dans un domaine défini. Seule la connaissance « générale » perd du terrain. Ce qui ne semble pas très grave comparativement au bienfait de la spécialisation, qui permet la survie de l’individu.

    Par contre, il est, aujourd’hui, évident que ce qui est perdu, est ce que l’on appelait à l’époque, la notion « d’érudition ». Depuis toujours, l’érudition est une condition incontournable de la « justesse du raisonnement ». C’est d’ailleurs ce qui se cache sous l’adage : « Les voyages forment la jeunesse ». Il est clair pour tous et chacun que les voyages n’augmentent pas la « spécialisation », mais bien les « connaissances générales », donc l’érudition.

    On ne peut cependant pas reprocher aux gouvernements d’avoir prit les dispositions nécessaires pour que l’individu puisse assurer sa survie. Par contre, il devient tout aussi évident que ces gouvernements ont alors accepté de se retrouver en position « réactive » envers le développement industriel, au lieu de garder le contrôle sur l’évolution de notre société. L’automation efface des emplois, et les autorités, à la traîne de l’industrialisation, répondent en essayant de créer d’autres genres emplois pour la classe ouvrière.

    Même un penseur comme Karl Marx n’aborda jamais la possibilité de voir l’être humain comme autre chose qu’une «force productive » ; et personne ne s’élève contre cette « classification » de l’être humain. Le travail de l’être humain avait toujours assuré sa survie ; que ce soit au tout début de l’agriculture ou même, à l’époque où l’homme était chasseur/cueilleur. Toujours, au cours de son histoire, l’être humain a dû dépenser une « somme de travail » pour survivre. L’acceptation du travail comme moyen de survie évolua graduellement en « obligation incontournable » du travail pour assurer la survie.

    Cette « obligation » est devenue un dogme social et personne, encore aujourd’hui, ne s’attaque à ce dogme, qui est aussi bien encré chez celui qui est riche que chez celui qui crève de faim. Le riche croit mordicus que la constance de sa richesse est le fruit de son travail et celui qui crève de faim demande l’accès au travail, pour devenir riche ou, à tout le moins, « mériter » de se nourrir et de nourrir sa famille. Finalement, dans l’optique de tous, l’homme « mérite » de survivre à la condition qu’il travaille ; sinon il ne peut qu’être responsable, lui-même, de crever de faim.

    Toute notre société, depuis très longtemps, adopte ce concept que le travail est la seule façon d’assurer la survie individuelle. De plus,  à ce concept, s’ajoute la croyance que, plus l’individu possède de richesses, plus son importance sociale grandit. La valorisation de l’individu devient proportionnelle à son compte de banque.

    C’est donc tout à fait normal qu’aujourd’hui, l’individu soit propulsé dans une course vers la richesse à tous les niveaux :

1)      pour sa survie et sa qualité de vie

2)      pour sa valorisation personnelle dans la société

3)      pour constater et mesurer individuellement la « réussite » de sa propre vie.

    L’homme est devenu l’équivalent d’un hamster qui court dans une cage circulaire, non pas pour faire tourner la cage, ce qui confirmerait la notion qu’il est vraiment une « force de travail », mais simplement parce que la cage tourne automatiquement; ce qui condamne de hamster à courir sans arrêt.

     Cette notion de « humain = force de travail » est exactement la notion justifiant l’esclavage qui existait avant la mécanisation. Par contre, l’esclavage n’a plus aucune justification, depuis que la machine remplace l’homme comme « moyen de production ». Alors pourquoi garder ce système de valeur esclavagiste qui valorise le travail de l’être humain ? Il est plus que temps de se poser la question.

    Nous constatons que le travail obligatoire de l’être humain pour assurer sa survie, devient, de plus en plus, un poids négatif pour l’économie. L’industrie doit se confronter aux nécessités, toujours plus coûteuses, des besoins de leurs employés et souvent, est empêchée d’améliorer « l’automation » de sa production, simplement pour assurer un minimum d’emplois disponibles à la société. Minimum d’emplois défendus intensément par les syndicats et exigés par les autorités gouvernementales, pour justifier l’aide financière que le gouvernement peut lui apporter.

    De sorte que l’industrie tout autant que le travailleur, sont, tous les deux, coincés par ce dogme esclavagiste que l’homme doit travailler pour mériter de survivre.

    Comment remédier à cette situation de « cul de sac » pour tous?

   Il faut simplement corriger les notions qui s’avèrent fausses et rétablir la situation au bénéfice de tous ceux qui sont concernés.

 A) Les notions fausses :

    Pour la première fois, dans l’histoire de l’humanité, la machine est capable de prendre en charge, le travail de production nécessaire non seulement au niveau de la survie, mais également, à celui de la qualité de vie de chacun des individus. Il est donc devenu tout à fait faux, de croire que l’individu doit travailler pour survivre. Le système économique de notre société industrielle, qu’on le veuille ou non, prend charge de la production, en éliminant graduellement le travail de l’individu.

    L’histoire nous enseigne qu’à l’apogée de la Grèceantique, des hommes purent se manifester comme de « grands penseurs de l’humanité », simplement parce que leur système économique ne les obligeait plus au travail pour survivre. Cette petite portion de l’humanité était libérée du travail par leur système esclavagiste.

   Conséquemment, l’automation d’aujourd’hui, qui remplace la majorité des travailleurs, devrait résulter en manifestations de « profondeur de pensée » encore plus importantes et plus nombreuses, puisqu’elle remplace une majorité des êtres humains au niveau de la production.

    Personne ne peut nier la valeur indiscutable de ces « grands penseurs antiques » pour l’avancement l’humanité. Et la valeur personnelle de ces penseurs, n’est aucunement échelonnée selon leur richesse matérielle, mais bien sur leur valeur intellectuelle. Il faut donc annuler cette échelle de valorisation sociale établie selon la richesse matérielle de l’individu. Tous le monde sait très bien que plusieurs imbéciles obtus sont d’une richesse inouïe. La richesse individuelle n’a donc aucun impact positif sur l’avancement de l’humanité.

 

       Par contre, la richesse intellectuelle dépend directement de la « justesse de jugement » de l’individu ; ce qui dévalorise de beaucoup l’accent actuel mit sur la « compétence » sans encourager au même titre, la « connaissance générale ».

B) Les erreurs d’aiguillage faites par nos gouvernements.

    Nous avons vu que nos gouvernements sont devenus complètement « réactifs » face à l’évolution de l’automation. Ils ont laissé échapper le contrôle de l’évolution sociale pour être subjugués par le contrôle de l’évolution technologique.

    La conséquence directe est que la survie même du gouvernement perd une grande partie de ses ressources, puisqu’il dépend majoritairement de la taxation du travail de l’individu. Et comme ce travail de l’individu disparait progressivement, la taxation diminue et la situation ne peut être rectifiée qu’en augmentant les taux de taxation de ceux qui continuent de travailler.

   Parallèlement à cette diminution des ressources gouvernementales, se produit une augmentation de chômeurs à cause de l’automation. Les chômeurs créés par l’industrie, retombent ensuite sous la responsabilité du gouvernement. Ce qui est illogique et inéquitable. Normalement, l’industrie devrait être tenue responsable de cette création de chômeurs.

    Ce problème est créé simplement parce que nos gouvernements ne défendent pas leur responsabilité essentielle, qui est d’assurer l’évolution de notre société. Ils laissent tomber une partie de leurs ressources en les abandonnant au profit de l’industrie et se contentent, pour compenser leurs pertes, d’augmenter les responsabilités individuelles des citoyens. Il n’est pas nécessaire de porter ici, un jugement sur les intérêts particuliers de chacun des partis en cause; car cela nous dévierait simplement de la voie vers la solution. Il est cependant indispensable d’identifier l’erreur commise pour y remédier.

    L’erreur, dont est responsable nos autorités, est d’accepter une diminution de leurs revenus suite au remplacement du travailleur par les machines. Le gouvernement, pour accepter qu’un travailleur soit remplacé par une machine se doit d’exiger que cette machine soit taxée exactement au même nivaux que l’était le travailleur remplacé. De cette façon, le gouvernement peut endosser plus facilement la responsabilité du chômage produit par l’automation, sans diminution de ses ressources. Évidemment cette taxation n’équivaut pas au salaire du travailleur remplacé, mais, grâce à cette mesure, la société (le gouvernement) ne perdrait pas une aussi grande partie de ses ressources au profit de l’industrie et la situation resterait équitable pour les citoyens.

    L’autre facteur que cette option préserve, est celui du contrôle de l’évolution sociale. Ce qui est beaucoup plus important pour la société. Les gouvernements ne seraient pas aujourd’hui, sous la coupe de l’industrie s’ils n’avaient pas laissé tomber leur pouvoir de taxation sur l’automation. Les machines paieraient des taxes, les travailleurs paieraient des taxes et les entreprises paieraient des taxes. Actuellement, seuls les travailleurs paient vraiment des taxes.

C) Quelles objections l’industrie peut-elle présenter à une telle mesure?

      A) Socialement :

       Absolument aucune. Il lui est tout aussi important de s’assurer que le gouvernement ne perde pas sa source de revenus ; mais comme celui-ci ne l’exige pas, il leur est assez difficile de refuser d’augmenter d’autant leurs profits.

      B) Financièrement :

       Il est évident que la taxation des « machines » devient un coût pour l’industrie. Ce coût cependant ne lui est pas du tout étranger puisqu’il existait déjà dans le salaire des employés licenciés. De plus, ce coût est considérablement amoindri puisque le travailleur remplacé, ne travaillait que huit heures par jour et que la « machine » en travaille 24hres/jour. Le coût de taxation diminue donc du 2/3 de toute façon.

      Le seul constat à faire est que : « La société des loisirs fut ratée à cause de la myopie des autorités qui firent dévier l’évolution sociale ». L’homme a évolué pour ne devenir qu’un « cochon de payeur de taxes ».

 

D) Est-il possible de rectifier le mouvement ?

     Il est toujours possible de rétablir toutes situations ; mais cela devient beaucoup plus difficile lorsque des « avantages », mêmes inéquitables, sont devenus des « droits acquis ».

     Il sera très difficile de faire accepter, par l’industrie, la taxation du travail des machines ; il sera difficile d’effacer de la société, cette notion esclavagiste que l’homme doit fournir un travail pour mériter de « survivre », et il sera très difficile de changer l’échelle de valeur sociale basée sur la richesse matérielle pour une valorisation de l’individu selon sa richesse intellectuelle.

     Par contre, il est indiscutable que l’homme se doit de faire ces rectifications indispensables à l’évolution sociale. Il doit sortir de ce « cul de sac sociétal », sinon, il devra démolir la situation actuelle pour tout reprendre à nouveau.

 

      Ce qui serait un gaspillage de toutes ces vies qui furent sacrifiées et qui le sont encore, pour l’amélioration de la société. Il faut cesser de se battre et commencer à ouvrir les yeux sur ce qui est tellement évident : la machine remplace le travail humain avec beaucoup plus d’efficacité productive.

     Il ne reste qu’à accepter que ce travail des machines serve à subvenir aux besoins des humains. Ceux-ci pourront alors se consacrer à des travaux qu’ils considéreront comme des loisirs. Ce qui est le cas lorsqu’un travailleur accepte un emploi qui éveille son intérêt intellectuel.

 

Amicalement

                                                                 Elie l’Artiste

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